top of page

‘’Cessez de penser à vous-même, Monsieur le Président ’’

  • Photo du rédacteur: Hubert Tomèga
    Hubert Tomèga
  • 6 janv. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 mai 2025


Extrait page 3 du quotidien La Dépêche, n° 0248 - mercredi 21 février 2018
Extrait page 3 du quotidien La Dépêche, n° 0248 - mercredi 21 février 2018

Panier de course, casseroles, louches et autres ustensiles de cuisine en mains, symbole de la morosité économique ambiante dans le pays. Drapeau du Bénin déployé, signe de l’attachement à la patrie. Cris et slogans hostiles au pouvoir, cadencés par divers rythmes traditionnels. Voilà entre autres, les manières choisies par les femmes des marchés, artisanes, ouvrières, fonctionnaires, retraités, veuves, déflatées des entreprises publiques et privées, mères au foyer et bien d’autres venues de divers horizons du pays, pour dire à leur ‘’ enfant Talon’’, qu’elles ont faim. "Nous sommes venues ce matin vous dire respectueusement de cesser un peu de penser à vous-même et de penser au peuple béninois, de penser aux femmes de ce pays, victimes de votre politique. Nous sommes venues vous dire que nous avons faim’’, ont-elles laissé entendre.


Une marche obstruée


Dix heures trente minuit. La mobilisation féminine est grande à la devanture de la bourse du travail. Les cris et danses en défaveur du gouvernement de la rupture et du préfet Modeste Toboula se font entendre. Sur les différentes artères menant au lieu de la mobilisation, une horde d’éléments de la police républicaine bloque le passage à tous moyens roulants. Les automobilistes sont contraints de se frayer d’autres chemins, pendant ce temps, les cyclistes et motocyclistes trainent leur engin.


Quelques femmes en pleine marche sur la Présidence du Bénin
Quelques femmes en pleine marche sur la Présidence du Bénin

Onze heures. La foule avance vers les hommes en uniformes présents sur l’axe routier bourse du travail-Carrefour Soneb. Il devient impossible de passer. Les engins lourds (Véhicules à gaz lacrymogène, de patrouille…) des forces de sécurité publique bloquent le chemin. S’engagent des échanges entre la hiérarchie policière présente et les têtes de pont des organisations féminines. Après deux minutes environs d’échange, le résultat est infructueux. Pas d’entente entre l’ancien directeur départemental de la police nationale Atlantique-Littoral, Kossi SEDOHOUN et Thérèse Waounwa, ardente combattante des luttes syndicales et Augustine Sosoukpè, Secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin, Cstb. Rapidement, le dispositif sécuritaire s'est fait renforcé sur l’artère menant à la Présidence de la république. Les femmes contraintes à faire demi-tour.




Onze heures trente. Les femmes décident de faire leur marche autrement. Elles contournent le rond-point devant la bourse du travail. Huit à dix tours environs sont faits suivant danse, cris hostiles au pouvoir, rythmés par le son des cuillères sur les casseroles en mains.



Les femmes entre cris hostiles et danse rythmées par le son des cuillères sur les casseroles
Les femmes entre cris hostiles et danse rythmées par le son des cuillères sur les casseroles

Douze heures. Les femmes retournent à l’intérieur de la bourse du travail. C’est le moment de donner lecture de la motion portant doléances des femmes, objet de la marche. Après le remerciement aux organisations féminines ayant effectué le déplacement, Thérèse Waounwa, porte-parole des participantes promet revenir dans les rues les prochains jours, pour une marche plus mouvementée. Les femmes n’ont pu marcher sur la Présidence de la république, reconnait-elle mais, cela ne veut pas dire que la marche a été avortée, a-t-elle signalé.


Des revendications clairement exprimées


    Thérèse Wahouwa, ardente défenseuse des droits de l'homme lit la motion de revendication lors de la marche des femmes sur la Présidence du Bénin
Thérèse Wahouwa, ardente défenseuse des droits de l'homme lit la motion de revendication lors de la marche des femmes sur la Présidence du Bénin

Six doléances sont inscrites dans le cahier de revendication des organisations féminines qui en demandent la résolution au Chef de l’Etat. Il s’agit de la réinstallation et le dédommagement des personnes dégagées des espaces publics, la réduction des impôts et taxes sur les marchés pour les artisans et artisanes, l’arrêt de la liquidation des entreprises publiques, l’équipement des centres de santé, la résolution des problèmes des enseignants et l’octroi des bourses et secours universitaires aux étudiants, et enfin, la fin des poursuites et détentions politiques en l’occurrence Laurent Metongnon et ses co-accusés.


Apres cette marche, il reste à espérer une suite favorable aux doléances de ces organisations féminines.


Par Hubert Tomèga

Commentaires


bottom of page