La grève de 96h largement suivie à l'UAC
- Hubert Tomèga

- 9 déc. 2024
- 3 min de lecture
Les activités académiques de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) sont presque paralysées. Depuis le mardi 13 février, les étudiants des différentes écoles et facultés de cette université, la première au Bénin, ne suivent des cours que le lundi, soit un jour par semaine. Et pour cause, le durcissement des mouvements de grève par les enseignants de l’enseignement supérieur et les organisations d’étudiants.

La grève de 96h dans l’enseignement supérieur n’est pas en échec à l’université d’Abomey-Calavi, Uac. Les journées académiques sont résumées le lundi. Du mardi au vendredi, les salles de classe sont vides. Aucun étudiant ni professeur n’est présent. Dans certains programmes, les examens de fin de semestre sont touchés. Même si ces examens sont prévus pour les week-ends, le samedi et le dimanche, ils ne se déroulent pas correctement. C’est le cas des étudiants de deuxième année de la faculté d’économie et de gestion, Faseg. Initialement prévue pour le mardi 13 et jeudi 15 février, leur examen à la fin du premier semestre de l’année a été reporté pour la fin de la grève jusqu’au samedi 17 et dimanche 18 février, à la fin de la semaine dernière. Malgré le week-end, les organisations étudiantes à vocation syndicale ont empêché la tenue effective de ces compositions. À l’arrivée, les étudiants sont rentrés chez eux sans aucune idée d’un calendrier futur pour ces examens. Nos compositions étaient prévues pour le début de la semaine dernière mais après, c’est reporté au week-end et pourtant on ne pouvait pas composer à cause des grèves. Nos camarades étaient venus nous chasser des salles de composition. Nous ne savons pas encore quand nous aurons nos premiers examens semestriels», explique Rachidath Adinssi, étudiante en deuxième année d’économie et de gestion.*
Une grève généralisée dans tous les départements
Comme la Faculté d’économie et de gestion, la grève des 96 heures est également respectée dans les autres départements et écoles de la plus grande université du Bénin. De la faculté des sciences techniques, au Fast, en passant par la faculté des lettres, langues, arts et communication, Fllac et bien d’autres, les activités académiques ne se déroulent que le lundi. Les élèves sont obligés de rester à la maison tous les deux jours de la semaine. Certains d’entre eux déplorent cette situation. "Sauf le lundi, nous ne suivons les cours aucun jour de la semaine. Avant cela, c’était le lundi et le vendredi où nous venions en classe. Mais depuis mardi 13 février, la situation s’est aggravée. On ne comprend plus, ce sont les grèves qui nous plongent dans cet état. Nous souffrons vraiment", déclare Donald Bodotin, étudiant en physique de troisième année à Fast. Comme Donald, la situation est semblable pour Rachelle Houhagni, étudiante en troisième année de chimie, biologie et géologie au CBG. Dans leur entité, les cours ne sont plus gérés normalement. Ils sont plus à la maison qu’en classe. « Nous sommes fatigués de rester si longtemps à la maison », a-t-elle déploré.
Les écoles nationales ne sont pas épargnées
Dans les écoles publiques de l’université d’Abomey-Calavi, la situation n’a pas beaucoup changé. De l’école nationale de l’eau, INE à l’école polytechnique d’Abomey-Calavi, puis à l’école nationale d’administration et de justice, ENAM, les activités académiques sont au point mort. Les élèves et les enseignants ne se rencontrent que le lundi et quelques fois le vendredi. Une situation qui inquiète les étudiants de première année de l’Ine et de l’EPAC, qui ont commencé le lundi 19 février leur examen final du premier semestre. Pourront-ils terminer leurs compositions normalement ? Suspense total. Moi j’ai peur. Je me demande si on peut finir nos examens, vu ce qui s’est passé au Faseg, le week-end, après quoi les camarades n’ont pas pu composer. Je m’inquiète d’une fin heureuse de nos compos, vu ces grèves.
Pour mémoire, depuis le mardi 16 janvier dernier, les enseignants de l’enseignement supérieur sont en grève pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. Les enseignants demandent une meilleure gestion du Conseil sectoriel de médiation et de promotion du dialogue social au sein du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que l’abandon de la nouvelle procédure de recrutement des enseignants dans les universités nationales du Bénin.
Par Hubert Tomèga


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