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Louise : Caissière, plus qu’une source de revenus étudiant, "ça m'a fait prendre une grande maturité".

  • Photo du rédacteur: Hubert Tomèga
    Hubert Tomèga
  • 22 févr. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 avr. 2025

Etudiante caissière dans un magasin commercial à Lille en train d'encaisser les clients..
Etudiante entrain d'encaisser dans un supermarché à Lille.

En hausse de près de 2% en 2022, le job étudiant constitue un tremplin qui laisse une empreinte indélébile dans la vie de nombreux étudiants. Louise Demeulenaere en est une. Étudiante en Master Journalisme d’Entreprise et de Collectivité, JEC, à Infocom Roubaix, Université de Lille , elle fait partie des 5,3% d'étudiant exerçant une activité rémunérée sans lien direct avec leur domaine de formation. Caissière depuis trois ans, elle s’y plaît dans cette activité la plus prisée chez les étudiantes. Pour elle, c’est bien plus qu'une simple source de revenus.., ça façonne.



Hubert TOMEGA: Pourquoi avez-vous choisi un job étudiant qui ne soit pas forcément en lien direct avec votre domaine de formation ?

Louise Demeulenaere: L'opportunité s'est présentée à moi en août 2021 et en ce moment-là, je n’étais pas encore en études de communication. Je venais de sortir de 2 ans de Prépa…Je dirai aussi que mes parents m'incitaient à prendre mon indépendance financière. J'ai cherché un travail étudiant de base juste pour l'été. Ensuite, Match m’a proposé un CDI tous les dimanches matins, sachant que le dimanche matin, c'est très bien rémunéré.


Pourquoi particulièrement le poste de caissière comme la majorité des étudiantes ?

LD : Moi quand j'avais déposé mon CV, c'était le premier poste qu'on m'a proposé. Je ne voyais pas ça comme un poste très compliqué et en réalité, ça ne l’ai pas, au niveau des compétences...


Ce n'est pas compliqué au niveau des compétences. A quoi ressemble votre journée de travail ?

LD : Globalement c'est juste passer des articles, les biper. Après, il y a des atouts comme connaître la technologie qui est liée justement à la caisse. Par exemple, s'il y a un bug…je sais m’y prendre. Il y a d'autres compétences liées à la sociabilité et ça je pense que ça joue dans l'embauche.


Avez-vous l'impression que ce job étudiant a changé un peu votre personnalité ou influence votre quotidien ?

LD : Je pense que de base, j'étais pas trop timide, j'avais pas de trop de mal à aller vers les gens, cependant j’avais tendance à juger au premier abord. En caisse globalement, ça ne passe pas. Il y a un peu de tous les profils qui passent. Forcément, cela nous amène à développer une ouverture d’esprit, à ne pas s’arrêter à l’apparence, à surmonter les clichés et stéréotypes que l’on peut avoir quand on est plus jeune, et donc à s’ouvrir à la diversité. Ça m'a fait prendre une grande maturité.


Est-ce que vous avez des souvenirs ? Peut-être une expérience exceptionnelle à nous raconter ?

LD: J'ai des clients habitués qui viennent spécialement pour me voir le dimanche matin, donc c'est quand même un peu flatteur. C'est gentil, c'est mignon, en soi, c'est beaucoup plus du positif que du négatif.


Vos parents, quel regard portent-ils aujourd'hui sur vous et ce job étudiant ?

LD: Mon père trouve que cela m'autonomise. Je ne vais pas m'acheter une Ferrari, mais il voit que je peux être indépendante et avoir des loisirs, des petits plaisirs qu’il n'aurait pas pu me payer. Donc je pense que ça le défrustre de voir que je peux faire des choses moi même.


Selon une étude sociologique intitulée, Salariat étudiant, parcours universitaires et conditions de vie, les étudiants qui travaillent plus de 18h00 par semaine, ont du mal à réussir dans leurs études. Comment percevez-vous cela ?

LD: J'ai la chance de ne pas avoir à travailler autant parce que je vis chez mon père, j'ai pas de loyer à payer... Mais je pense que cela peut être difficile et que c'est vraiment une chance de travailler juste le dimanche matin pendant 4h.


Par Hubert TOMEGA

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